Il y a peu l'on a vu réapparaitre en Région Wallonne un vieux concept: "Les routes de l'emploi". Un budget spécial a été réservé pour ce concept.
La voie rapide que la Région veut imposer à Assesse fait partie de cette catégorie.
Les Routes de l’Emploi sont de nouvelles infrastructures d’accès à des zones d’activité économique, à des pôles économiques urbains ou encore à des sites hospitaliers, caractérisées par leur haut niveau d’efficacité et de pertinence sur le plan de l’attractivité, du développement économique et de la mobilité des travailleurs, des clients et des fournisseurs. (Sources Région Wallonne)

 

Mais ce concept est-il finalement adéquat ?


Il semble y avoir une volonté keynésienne de doper l’emploi par la construction d’infrastructures.

Selon le gouvernement wallon, qui s'appuie sur des chiffres livrés par un consultant extérieur, ce plan d'investissement va considérablement stimuler l'économie wallonne puisqu'il assurera l'emploi de 6 à 8.000 personnes et fera croître le PIB de la Région de l'ordre de 520 millions d'euros. "Cela va donner un bulle d'air extraordinaire au secteur du génie civil", s'est félicité M. Prévot.

Est-ce encore pertinent d'envisager une amélioration de l'emploi sous cet angle?

D'abord, il n'est pas certain que les emplois liés à ces travaux bénéficient totalement ou principalement à la région wallonne (ou même à la Belgique).


Par ailleurs, s'il est clair que nos réseaux routier et hydraulique nécessitent des investissements pour leur entretien et que de nouvelles infrastructures peuvent être nécessaire ici ou là,  l’investissement dans la route n’est-il pas empreint d’une vision passéiste de la mobilité ? Pour des raisons évidentes de lutte contre le réchauffement climatique, favoriser l’usage de la voiture est une ineptie. Mais La Belgique est le pays qui consacre le plus de superficie à la mobilité automobile. La Wallonie n’est pas en reste.

Comparaison BE NL


Cela n’est pas sans conséquence sur la perte de terres agricoles, généralement de bonne qualité ou de milieux de haute qualité biologique. Et cela sans compter sur l'influence négative sur des sites déjà urbanisés.
En d’autres termes s’impose la nécessité d’étudier réellement la pertinence de ces nouvelles infrastructures en tenant de leurs impacts directs sur l’environnement et de la diminution nécessaire du trafic automobile et d'orienter les moyens vers des travaux plus pertinents.

Ce concept est il pertinant ?

Apparement pas. Du moins c'est ce que semblent dire les conclusions d'une Conférence Européenne des Ministres des Transports (Transport et dévellopement économique) qui a eu lieu à Paris sous le patronage de l'OCDE.

  • l’on n’a pas de conclusions certaines et inattaquables, directement transposables à tous les cas de figure, quant aux effets des investissements d’infrastructures sur le tissu industriel ou commercial local. L’on peut dire que souvent les effets sur l’emploi des investissements en infrastructures sont faibles, voire peuvent être négatifs, contrairement aux croyances répandues.
  • l’on doit traiter et comptabiliser les coûts environnementaux d’une manière identique aux autres coûts économiques. Ils n’ont, en effet, pas une importance moindre et les ignorer amène des dommages à l’économie à moyen ou long terme.

 

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